lundi 2 août 2010

Jours 16-17: Takamatsu et la mer de Seto

Notre dernière destination avant de louer l'appart à Tokyo était la région du Nord de Shikoku, ou plus précisément la mer de Seto, qui sépare Honshu de Shikoku. Nous avons réservé un hôtel au port de Takamatsu (la grosse ville de la région). Nous avons choisi la région car en ce moment et pour 100 jours, a lieu de SETOUCHI ART FEST, un des plus gros festivals artistiques internationaux au Japon.
Je vous encourage fortement à visiter le site web du festival: http://setouchi-artfest.jp/en/

Nous devions nous lever tôt le matin afin de prendre le premier ferry de la journée vers les îles au large, où la plupart des installations ou des activités ont lieu. Le soir de notre arrivée, nous n'avons vu que les expos qui étaient dans le port de Takamatsu, mais le second jour nous avons visité l'île principale, Naoshima. C'est aussi sur cette île qu'on trouve le Benesse Museum of (Contemporary) Art et le Chichu art museum, construit entièrement sous terre par le fantastique et très connu architecte Tadao Ando.

Il y avait aussi sur Naoshima une présentation spéciale d'un théâtre bunraku: c'est le terme qui désigne le théâtre de marionnettes traditionnel au Japon. La pratique de cet ''art'' est extrêmement complexe: chaque marionnette est dirigée par 3 marionnettistes. Le senior de ces marionnettiste a le contrôle de la tête et du bras droit de la poupée: c'est généralement le seul aussi qui a le visage découvert (les 2 autres marionnettistes ont une housse sur la tête).
Le joruri (récitant) narre l'histoire en la chantant sur un ton réservé à la récitation de certains récits traditionnels ainsi que, depuis le 17e siècle, au bunraku. Enfin, des joueurs de shamisen et quelques flutes et percussions traditionnelles sont joués pour accompagner l'histoire.
Le tout donne un résultat assez hallucinant, que malheureusement mes vidéos sont très loin de rendre (attention au son de cacanne.... vraiment désolée).



La particularité du bunraku de Naoshima est que c'est un bunraku FÉMININ (onna bunraku): tous les marionettistes, les joruris et les musisiens sont en fait des femmes. On dit que les femmes de Naoshima pratiquaient cet art bien avant qu'il soit officialisé à Osaka au 17e siècle.

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La présentation que nous avons vue était divisée en deux extraits: Ebisu, une comédie (sur un homme qui va à la peche et qui supplie les dieux pour avoir un gros poisson: il l'obtient et le reste de la chanson remercie les dieux), et puis un chapitre d'une pièce dramatique de Chikamatsu Monzaemon dans laquelle une jeune fille est promise (vendue?) par sa mère à un prince, et les deux femmes pleurent leur sort ensemble.



J'ai adoré mon expérience de bunraku et je me sens très chanceuse d'avoir pu voir cela, puisque les bunrakus ne sont joués que dans certaines villes du Japon et à certains moments (de l'été).
Sur la photo ci-haut, on voit toutes les marionnetistes. Celle qui faisait la mère m'a particulièrement impressionnée; j'ai eu l'impression qu'elle pleurait vraiment avec sa poupée vers la fin, tellement elle était émue de son personnage.



(Vue de la terrasse du musée Benesse. Évidemment, pas pu prendre de photos à l'intérieur mais il y avait des pièces que j'ai bien aimé, de Nam June Paik, ''Sonatine for a Goldfish'' et de Bruce Nauman, ''100 Live and Die'', entre autres.)





Les citrouilles de Yayoi sont un attrait touristique populaire de l'île.


Vrais ou faux jeux pour enfants devant la mer, sur Naoshima.



Ma pause insecte: ici une belle mante religieuse de Naoshima. Elle était chétive, elle devrait se trouver un mâle pour bouffer bientôt.




Vue de la mer de Seto.

Ce soir-là nous avons pris un ferry pour aller au port de Uno et voici une des oeuvres qui s'y trouve.




Ça s'appelle Black Porgy in Uno, fait à partir de déchets trouvés dans la mer.


Il y avait un festival à Uno avec des bands qui jouaient alors nous sommes restées en voir un et ''danser'' un peu (dans la mesure du possible: la scène était installée devant un boulevard passant). Un habitant du village est venu nous parler: apparemment il nous avait entendu parler sur Naoshima et se demandait si on venait du Québec. Il nous a dit une phrase en français, puis à continué en anglais. Beaucoup de gens ici connaissent Montréal et savent que c'est francophone, je trouve ça très bien.







I Love Yu (j'aime l'eau chaude), une maison de bain changées en oeuvre d'art. Apparemment à l'intérieur c'est décoré avec des objets ramassés dans d'anciens musées, aussi bien d'histoire naturelle que des musées érotiques (très populaires au Japon).

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Le lendemain: Megijima, Ogijima et Teshima


Seagull's parking lot. L'artiste était là quand nous sommes arrivées.



20th Century recall.


La façade d'un projet de galerie regroupant ces artistes qui exposent dans une école primaire de Megijima pour le temps du festival. J'ai particulièrement aimé le travail de Bill Viola, de Naoyuki Tsuji et surtout Naoki Ishikawa qui faisait un travail vraiment intéressant sur la ressemblance entre les îles et les montagnes (sa thèse étant que finalement, les montagnes ne sont que des îles basées sur un sol ferme).


Vue du haut de Megijima.


Superbe vue des îles dans la mer de Seto.

J'ai pris ces photos d'en haut de Megijima. Nous avons grimpé dans l'espoir de voir les installations qui étaient au sommet, mais une d'elles était décevante.
L'autre avait lieu dans une grotte légendaire japonaise (on raconte que des ogres vivaient là avant et qu'un jeune Japonais, Momotaro, a débarrassé l'île) et elle m'a quelque peu traumatisée, alors je mettrais pas les photos ici. En fait en plus de la visite normale de la grotte sombre, étroite, froide et mouillée, l'artiste a fait des moulages de corps humains en grillage et les a pendus dans des recoins. Apparemment ça représente l'âme des victimes de l'ogre, mais moi ça m'a juste vraiment donné envie de sortir rapidement.


L'info touristique du port de Ogijima, transformé pour le festival.


Takeshi Kawashima ''Drops of Memory''.


Probablement ma préférée... SEA VINE
D'ailleurs l'artiste vient de Kanazawa.


Dans chaque fleur et chaque feuille était peint un paysage côtier...


Un resto changé en oeuvre d'art à Teshima.



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2 commentaires:

  1. Une sorcière comme les autres4 août 2010 à 11:16

    Quelles elles oeuvres d'art magnifiques plantées dans un décor impressionnant. Comment circule-t-on entre les iles ou se déroule le festival? Dommage que tu n'aies pas mis de photos des mannquins suspendus dans la caverne, meme si c'était un peu "creepy"...

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  2. La circulation entre les îles se fait soit en ferry (plus long et plus abordable), soit en bateaux rapides qui transportent une quarantaine de voyageurs (plus cher mais très rapide et très beau: par contre notre chauffeur parlait au cellulaire en conduisant et on trouvait pas ça très sécuritaire).
    Notre but était de louer un vélo pour se promener sur les îles mais malheureusement c'était très compliqué de voyager un vélo d'île en île, donc nous en sommes restées à la marche (ce qui nous a fait rater certaines expos qui étaient trop éloignées sur les îles, ou mal indiquées).

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